Le diamant de laboratoire, révolution puis désillusion

Bagues de diamants sur fond sombre

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Le diamant de laboratoire, révolution puis désillusion

Par La Rédaction de L’Écrin · 6 min de lecture

Vendu comme l’avenir du diamant, le diamant de synthèse a bouleversé le marché avant de voir ses prix s’effondrer — au point que De Beers a refermé sa propre marque. Décryptage d’une révolution en demi-teinte.

Détail de joaillerie

En quelques années, le diamant de laboratoire est passé du statut de curiosité technologique à celui de phénomène de marché, avant de connaître un brutal retour de bâton. Récit d’une histoire qui n’a rien d’une ligne droite.

Soixante-dix ans de laboratoire

Rien de nouveau, au fond : c’est en décembre 1954 que General Electric réussit la première synthèse reproductible de diamant, par haute pression et haute température (procédé HPHT). Ces premières pierres étaient industrielles ; il faudra attendre les années 1970 pour des cristaux de qualité gemme, puis les progrès du procédé CVD (dépôt chimique en phase vapeur) pour rendre la production de bijouterie réellement viable.

2018, l’année charnière

Deux événements font basculer le marché en 2018. Aux États-Unis, la Federal Trade Commission révise sa définition du diamant en retirant le mot « naturel » : un diamant est désormais « du carbone pur cristallisé », qu’il soit né sous terre ou en laboratoire — à condition de toujours préciser « de synthèse » ou « lab-grown ». La même année, De Beers, longtemps farouchement opposé au synthétique, lance sa propre marque, Lightbox, à un tarif transparent d’environ 800 dollars le carat.

Un diamant est du carbone pur cristallisé : la définition de 2018 a fait tomber la frontière entre la mine et le laboratoire.

L’effondrement des prix

La suite ressemble à une victoire qui se retourne. La production mondiale explose, le procédé CVD se perfectionne, et les prix de gros du synthétique s’effondrent. En mai 2025, De Beers annonce la fermeture de Lightbox et son recentrage sur le diamant naturel, invoquant une chute des prix de gros qu’il chiffre autour de 90 % — un aveu spectaculaire de la part du pionnier de la synthèse.

Détail de joaillerie

Que retenir ?

Le diamant de laboratoire n’a pas disparu, loin de là : il s’est imposé sur le segment de la bijouterie accessible. Mais son histoire rappelle une règle ancienne de la joaillerie : la valeur ne tient pas qu’à la matière. Entre la rareté du naturel et l’abondance du synthétique, le marché cherche encore son équilibre. Les chiffres de prix cités varient fortement selon les segments et les dates : ils sont à manier avec prudence.

Repères

  • 1954 : première synthèse reproductible de diamant chez General Electric (procédé HPHT).
  • Années 1970 : premiers diamants de synthèse de qualité gemme ; le procédé CVD rendra plus tard la production de bijouterie viable.
  • 2018 : la FTC américaine retire le mot « naturel » de la définition du diamant, tout en imposant la mention « de synthèse ».
  • 2018 : De Beers lance Lightbox, à environ 800 $ le carat.
  • Mai 2025 : De Beers ferme Lightbox et se recentre sur le diamant naturel, après l’effondrement des prix de gros.

Pour aller plus loin

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