JAR, le joaillier secret de la place Vendôme

Parure de diamants sur fond noir, mise en scène dramatique

Portrait de créateur

JAR, le joaillier secret de la place Vendôme

Par La Rédaction de L’Écrin · 6 min de lecture

Discret jusqu’au mythe, Joel Arthur Rosenthal — JAR — a fait de la rareté une signature. Portrait du créateur que le Met a exposé de son vivant, surnommé « le Fabergé de notre temps ».

Détail de joaillerie

Il n’a ni vitrine, ni enseigne, ni site marchand. Pour entrer chez JAR, au 7 place Vendôme, il faut être recommandé. Cette discrétion absolue a fait de Joel Arthur Rosenthal l’un des joailliers les plus mythiques de son temps — un créateur dont on parle d’autant plus qu’il se montre peu, et dont chaque pièce est une œuvre attendue.

D’Harvard à la place Vendôme

Né en 1943 dans le Bronx, à New York, fils d’un facteur et d’une enseignante, Joel Arthur Rosenthal étudie l’histoire de l’art et la philosophie à Harvard, dont il sort diplômé en 1966. Polyglotte, il s’installe peu après à Paris, où il tient d’abord une petite boutique de laines et broderies aux couleurs rares — fréquentée par des créateurs de mode. Une commande de monture pour une gemme réoriente sa trajectoire. Après un bref passage chez Bulgari à New York, il revient à Paris et fonde JAR en 1977.

Chez JAR, la rareté n’est pas une stratégie : c’est une éthique de la création, où chaque pièce naît pour une personne.

Une signature : le pavé comme une broderie

La marque de fabrique de JAR tient à une technique poussée à un degré d’orfèvrerie inédit : un pavé de pierres aussi fin que des points de broderie, où des centaines de gemmes minuscules — parfois inférieures au millimètre — composent des dégradés de couleur d’un effet quasi pictural. Pour intensifier ces teintes, il monte volontiers les pierres dans un alliage noirci. On lui prête aussi un rôle de pionnier dans l’emploi de métaux légers comme le titane en haute joaillerie. Ses motifs puisent dans la nature : camélias, tulipes, pivoines, lilas, papillons.

Détail de joaillerie

Le créateur que les musées exposent

Sa production est rarissime — de l’ordre de quelques dizaines de pièces par an. Pourtant, les musées l’ont consacré de son vivant : une première exposition à Somerset House, à Londres, en 2002 (près de 400 pièces présentées dans l’obscurité, lampe torche à la main) ; puis, en 2013, « Jewels by JAR » au Metropolitan Museum of Art de New York, qui en fait le premier joaillier vivant à bénéficier d’une exposition personnelle au Met. Surnommé « le Fabergé de notre temps », il voit ses pièces atteindre des sommets en vente publique.

Pourquoi il compte pour la joaillerie de création

JAR incarne une idée radicale : celle d’un joaillier-artiste qui refuse l’industrie, la communication et le volume pour ne servir que l’œuvre. En faisant de la rareté et de la technique une forme d’art, il a élevé la joaillerie au rang des disciplines que l’on expose au musée — une exigence dont L’Écrin se sent proche.

Repères

  • Joel Arthur Rosenthal, né en 1943 dans le Bronx (New York).
  • Diplômé de Harvard (histoire de l’art et philosophie) en 1966 ; installé à Paris.
  • Fonde JAR en 1977, au 7 place Vendôme — sans enseigne, accès sur recommandation.
  • Signature : pavé « couture » en dégradés de couleur, alliage noirci, titane.
  • Expositions : Somerset House, Londres (2002) ; « Jewels by JAR », Metropolitan Museum, New York (2013).

Pour aller plus loin

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