Sylvie Corbelin, l’antiquaire devenue joaillière

Collier baroque en or serti de pierres

Portrait de créateur

Sylvie Corbelin, l’antiquaire devenue joaillière

Par La Rédaction de L’Écrin · 6 min de lecture

Antiquaire des puces devenue créatrice, Sylvie Corbelin remonte les pierres anciennes dans un univers baroque et symboliste. Portrait d’une joaillière dont le serpent est devenu la signature.

Détail de joaillerie

On n’arrive pas toujours à la joaillerie par l’établi. Sylvie Corbelin, elle, y est venue par le regard de l’antiquaire — celui qui sait reconnaître la beauté oubliée d’une pierre ancienne. Née à Bourg-en-Bresse, fille d’une mère antiquaire, elle a fait de la mémoire des bijoux le point de départ de sa propre création. Une trajectoire singulière, qui donne à son travail une profondeur rare.

De l’antiquariat à la gemmologie

À vingt ans, elle abandonne des études de droit pour devenir antiquaire. Elle se forme ensuite à la gemmologie et obtient son diplôme. À Paris, elle se spécialise dans l’achat-vente de bijoux anciens de collection et ouvre une boutique au marché Paul-Bert, dans les puces de Saint-Ouen, privilégiant les pièces d’artistes joailliers du XXe siècle, insolites et précieuses.

C’est ce commerce de la beauté ancienne qui, peu à peu, fait d’elle une créatrice : autour de l’an 2000, elle commence à composer ses propres bijoux à partir d’éléments chinés et de stocks de pierres rachetés à des lapidaires parisiens, fournisseurs de la place Vendôme.

Chez Sylvie Corbelin, chaque pierre a déjà vécu : la création consiste à lui offrir une seconde histoire.

2007 : la marque éponyme

En 2005, à la Biennale de Monaco, le galeriste Pierre Staudenmeyer remarque son travail et devient son mentor. Deux ans plus tard, en 2007, elle lance sa marque de joaillerie sous son nom. Aujourd’hui, elle crée depuis son atelier du Marais, à Paris.

Détail de joaillerie

Une signature : le baroque, le symbole, le serpent

Son univers est baroque, poétique et symboliste. Elle délaisse les sertis traditionnels au profit de montures volumineuses et sculptées, joue les contrastes de l’argent patiné et de l’or, et assume des pièces souvent figuratives et surdimensionnées. Le serpent — figure du lien à l’autre — est devenu sa signature, jusqu’à une collection qui lui est dédiée, « Initiée ». Ses inspirations puisent dans la nature (oiseaux, insectes, roses de jardin), dans les symboles des civilisations hindoue et perse, et jusque dans les mobiles d’Alexander Calder pour la légèreté de ses boucles d’oreilles.

Pourquoi elle compte pour la joaillerie de création

Sylvie Corbelin incarne une joaillerie de transmission : celle qui relie le bijou ancien à la création contemporaine, la connaissance de l’antiquaire à la liberté de l’auteure. En faisant du symbole et de la mémoire la matière même de ses pièces, elle rappelle qu’un bijou peut être un récit que l’on prolonge — exactement ce que L’Écrin aime raconter.

Repères

  • Née à Bourg-en-Bresse ; mère antiquaire.
  • Devient antiquaire à vingt ans, puis diplômée de gemmologie.
  • Antiquaire de bijoux du XXe siècle au marché Paul-Bert (puces de Saint-Ouen).
  • Commence à créer vers 2000 ; lance sa marque éponyme en 2007 ; atelier dans le Marais.
  • Signature : baroque/symboliste, argent patiné + or, le serpent (collection « Initiée »).

Pour aller plus loin

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