L’or en joaillerie, carats, couleurs et alliages

Cristaux d'or natif. Photo Wikimedia Commons, licence libre.

Cristaux d'or natif. Photo Wikimedia Commons, licence libre.

Savoir-faire

L’or en joaillerie, carats, couleurs et alliages

Par La Rédaction de L’Écrin · 8 min de lecture

Métal des rois et valeur refuge, l’or est aussi la matière fondatrice du bijou. Mais l’or pur est trop tendre pour être porté : toute la joaillerie repose sur l’art de l’allier, de le colorer et de le doser en carats.

Aucun métal n’a autant marqué l’histoire de la parure que l’or. Inaltérable, rare, d’un éclat chaud que rien ne ternit, il incarne depuis les premières civilisations la richesse et le sacré. Pourtant, le bijou que l’on porte n’est presque jamais fait d’or pur : à l’état natif, le métal est si mou qu’il se rayerait et se déformerait au moindre usage. Comprendre l’or en joaillerie, c’est d’abord comprendre l’alliage — cette recette de métaux qui fixe la couleur, la dureté et la valeur d’une pièce.

Un métal inaltérable, trop tendre à l’état pur

L’or (symbole chimique Au) possède des propriétés uniques. Il ne s’oxyde pas, ne rouille pas et ne ternit pas : un bijou en or retrouvé après des millénaires sort de terre intact. Il est aussi extraordinairement malléable — un seul gramme peut être étiré en un fil de plusieurs kilomètres ou battu en une feuille translucide. C’est cette souplesse qui permet toutes les prouesses de l’orfèvrerie.

Mais cette même mollesse est un défaut pour le bijou porté au quotidien. L’or fin, dit 24 carats, se raye et se déforme trop facilement. Pour lui donner de la tenue, on l’allie à d’autres métaux : c’est le point de départ de toute la joaillerie.

La question des carats : mesurer la pureté

Pour l’or, le carat n’est pas une unité de poids mais une mesure de pureté, exprimée en vingt-quatrièmes. L’or pur vaut 24 carats. Un or 18 carats contient 18 parts d’or pour 6 parts d’autres métaux, soit 750 millièmes, ou 75 % d’or. On trouve aussi l’or 14 carats (585 millièmes), l’or 9 carats (375 millièmes), et, en Asie, l’or 22 carats, très jaune et proche du métal pur.

Le choix du titre est un compromis. L’or 18 carats, riche et prestigieux, est la norme de la haute joaillerie européenne ; l’or 14 et surtout 9 carats, plus durs et plus abordables, dominent le marché anglo-saxon. En France, chaque titre légal correspond à un poinçon officiel : la tête d’aigle garantit l’or 18 carats, gage de conformité frappé sur la pièce.

Or jaune, or blanc, or rose : la chimie de la couleur

Contrairement à une idée reçue, la couleur d’un bijou en or ne vient pas de l’or lui-même — toujours jaune — mais des métaux qu’on lui associe. L’or jaune classique équilibre argent et cuivre autour du métal précieux. Augmentez la part de cuivre et la teinte glisse vers le rose, puis le rouge : c’est le secret de l’or rose, très en vogue. À l’inverse, des métaux blanchissants donnent l’or blanc.

Cette palette s’est enrichie au fil du temps. L’or gris, l’or vert (obtenu avec beaucoup d’argent) ou des alliages plus rares permettent aux créateurs de jouer des contrastes de teintes sur une même pièce, sans jamais changer de métal précieux.

L’or pur ne fait pas de bijou : c’est l’alliage — le carat, le cuivre, le palladium — qui lui donne sa couleur et sa tenue.

Or blanc et rhodiage

L’or blanc mérite une mention à part, car il cache un secret. Aucun alliage d’or n’est parfaitement blanc : même additionné de palladium, l’or blanc conserve une teinte légèrement grise ou beige. Pour obtenir ce blanc éclatant, presque bleuté, que l’on associe au métal, les ateliers recouvrent la pièce d’une fine couche de rhodium, un métal du groupe du platine.

Ce rhodiage n’est pas éternel : la couche microscopique s’use avec le port et laisse réapparaître la teinte de l’alliage. Un bijou en or blanc doit donc être rhodié à nouveau tous les quelques années pour retrouver son éclat. À noter : le nickel, autrefois employé pour blanchir l’or, est aujourd’hui encadré en Europe car il provoquait des allergies ; le palladium l’a largement remplacé.

Travailler l’or, de la fonte au poli

Une fois l’alliage préparé, l’or se prête à tous les gestes de l’atelier. Il se coule par fonte à la cire perdue, se lamine en plaques, s’étire en fils, se soude et se cisèle. Sa ductilité en fait le métal favori des orfèvres, là où le platine, plus dur et plus dense, impose d’autres contraintes de travail.

La touche finale revient au polissage et aux finitions, qui révèlent l’éclat du métal ou lui donnent un aspect satiné, brossé ou sablé. Autre atout de l’or : il se recycle indéfiniment sans rien perdre de ses qualités. Une part croissante de la joaillerie emploie aujourd’hui de l’or recyclé ou certifié, réponse aux préoccupations éthiques et environnementales du secteur.

Bien choisir : carat, couleur, entretien

Pour un bijou porté tous les jours, l’or 18 carats offre le meilleur équilibre entre richesse en métal précieux et solidité ; l’or 9 carats, plus dur, contient nettement moins d’or. La couleur relève du goût, mais aussi de la peau et des pierres à mettre en valeur : le jaune réchauffe, le blanc épure, le rose adoucit.

Côté entretien, l’or se nettoie à l’eau tiède savonneuse et à la brosse douce. Un bijou en or blanc demandera, en plus, un rhodiage périodique. Vérifiez toujours la présence du poinçon de titre : c’est la garantie que le métal correspond bien à ce que l’on vous vend.

Repères techniques

Élément Détail
Nature Or (Au), métal précieux inaltérable
Or pur 24 carats (999 ‰), trop tendre pour un port courant
Titres courants 18 carats (750 ‰), 14 carats (585 ‰), 9 carats (375 ‰)
Couleurs Jaune, blanc, rose/rouge, gris, vert selon l’alliage
Or blanc Alliage blanchi (palladium), le plus souvent rhodié
Poinçon (France) Tête d’aigle pour l’or 18 carats

Repères

  • L’or pur (24 carats) est trop mou pour la joaillerie courante.
  • Le carat mesure la pureté : 18 carats = 750 millièmes d’or.
  • La couleur de l’or vient des métaux qu’on lui allie.
  • L’or blanc est un alliage blanchi, généralement recouvert de rhodium.
  • L’or ne s’oxyde pas et se recycle indéfiniment.
  • En France, le poinçon tête d’aigle garantit l’or 18 carats.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un carat pour l’or ?

Pour l’or, le carat mesure la pureté, pas le poids. L’or pur vaut 24 carats ; un or 18 carats contient 18/24, soit 750 millièmes d’or. À ne pas confondre avec le carat des pierres, qui est une unité de masse valant 0,2 gramme.

Quelle différence entre or 18 et 9 carats ?

L’or 18 carats contient 75 % d’or, l’or 9 carats seulement 37,5 %. Le 18 carats, plus riche et plus prestigieux, est la norme de la haute joaillerie ; le 9 carats, plus dur et plus abordable, est courant dans les pays anglo-saxons.

L’or blanc est-il de l’or pur ?

Non. L’or blanc est un alliage d’or et de métaux blanchissants comme le palladium. Sa teinte naturelle reste légèrement grise, c’est pourquoi il est le plus souvent recouvert d’une fine couche de rhodium.

Qu’est-ce que le rhodiage ?

C’est le dépôt d’une couche microscopique de rhodium, un métal du groupe du platine, sur un bijou en or blanc pour lui donner un blanc éclatant. Cette couche s’use avec le temps et doit être renouvelée périodiquement.

D’où vient la couleur de l’or rose ?

Du cuivre. Plus la proportion de cuivre dans l’alliage est élevée, plus l’or tire vers le rose puis le rouge. L’or jaune, lui, équilibre l’argent et le cuivre autour de l’or.

L’or peut-il provoquer des allergies ?

L’or lui-même est hypoallergénique. Les réactions viennent en général du nickel, autrefois employé dans certains ors blancs. En Europe, son usage est aujourd’hui encadré et le palladium l’a largement remplacé.

Pour aller plus loin

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